Etude sur la corruption dans les hôpitaux


Selon les sondages, 3 Marocains sur 10 ont déclaré avoir eu recours à la corruption pour bénéficier de prestations de soins.

Si la corruption semble être un problème persistant dans les hôpitaux marocains, l’agence chargée de lutter contre le phénomène déplore qu’un grand nombre de personnes renoncent à recourir à la dénonciation des fraudes.
Pourtant, un projet de loi vient d’être adopté pour protéger les témoins dénonçant les délits de corruption.
Soixante-trois pour cent de la population juge que la dénonciation de tels actes ne sert à rien ou que les responsables pris sur le fait sont rarement poursuivis.
Mme Yasmina Baddou, ministre de la Santé, estime que la sensibilisation s’impose pour éviter que les citoyens ne soient victimes d’actes de corruption dans les hôpitaux publics, où plusieurs mesures sont prises.
« Il faut que les citoyens connaissent leurs droits », a-t-elle affirmé.
Le secteur de la santé souffre de la corruption. Pourtant, peu de citoyens recourent à la dénonciation. Une étude récente de l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) fait ressortir que le taux de dénonciation des pratiques de corruption par les usagers est très faible.
En effet, selon cette étude, dont les résultats on été présentés dernièrement à Rabat, moins de 1% du panel interrogé a déclaré avoir dénoncé un acte de corruption.
Selon cette enquête, trois personnes sur dix ont déclaré avoir eu recours à la corruption pour bénéficier de prestations de soins.
Le grand public exprime ainsi son scepticisme sur le fait que la dénonciation de la corruption puisse aboutir à des condamnations. Soixante-trois pour cent de la population juge que la dénonciation de tels actes ne sert à rien ou que les responsables pris sur le fait ne seront jamais poursuivis. Trente-sept pour cent souhaitent tout simplement ne pas avoir de problèmes.
C’est pour changer les mentalités et combattre le fléau dans les hôpitaux publics qu’une convention a été conclue, le 27 septembre, entre l’ICPC et le ministère de la Santé.
Mme Yasmina Baddou, ministre de la Santé, estime que la sensibilisation s’impose pour éviter que les citoyens ne soient victimes d’actes de corruption dans les hôpitaux publics, où plusieurs mesures sont prises.
«Il faut que les citoyens connaissent leurs droits. A titre d’exemple, une liste des médicaments à fournir aux patients est affichée. Les malades ne doivent pas devoir les acheter», dit-elle.
Le président de l’ICPC, Abdesselam Aboudrar, rappelle qu’un projet de loi vient d’être adopté pour protéger les témoins dénonçant les délits de corruption. Il appelle à s’attaquer en premier lieu aux points qui constituent les risques de corruption pour une intervention ciblée.
Il s’agit notamment de l’ancrage des valeurs de citoyenneté, du regain de la confiance envers les services de la Santé, de l’optimisation de la gestion des équipements et des fournitures, du renforcement du contrôle, de la réglementation et du suivi.
Les professionnels de Santé interrogés dans le cadre de cette étude affirment que la corruption dans le secteur est généralement le fait des citoyens eux-mêmes. Selon le témoignage d’une infirmière d’un centre hospitalier provincial «les patients et leurs accompagnants viennent souvent avec une prédisposition de corrompre pour bénéficier de traitements de faveur ou tout simplement de services auxquels ils ont droit.»
Pour les usagers, la corruption dans le secteur de la santé est devenue un comportement banalisé. Pour plus de la moitié des personnes interrogées, elle est devenue un comportement habituel et généralisé.
Les citoyens contactés tirent la sonnette d’alarme, estimant que personne n’aime jeter son argent par la fenêtre et que c’est le personnel soignant qui essaie autant que faire se peut de pratiquer des actes d’extorsion.
Mehdi, un jeune de 27 ans, raconte qu’il est allé il y a deux mois dans un hôpital après avoir été victime d’une chute dans les escaliers de sa maison. Le médecin a refusé de le soigner prétextant qu’il devait consulter un centre près du lieu où il habite. Il a fini par l’examiner après que son frère lui ait donné 300 dirhams.
Cet acte n’a pas été dénoncé par Mehdi, qui a préféré prendre le numéro de téléphone de ce médecin pour pouvoir solliciter ses services à l’avenir.
Siham Ali

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